Remis des émotions de la dance party, les
Baulois et les touristes sont revenus sur la plage pour la seconde
partie de la fête consacrée à l’entrée dans le « Club ».
Le sable, tamisé dans la nuit, a retrouvé sa virginité. Du côté de la
plage des Baulois comme au Pouliguen et à Pornichet, et à plusieurs
endroits du front de mer, on distribue les fameuses nappes bleues et
blanches, censées créer un effet visuel.
Au loin, comme prévu, on distingue dans la réverbération « les voiliers de légende » qui glissent sur l’eau.
Difficile de dire si l’opération est un succès. Nous sommes dans le pic
de la fréquentation estivale. Néanmoins, force est de constater que
nombre de groupes se sont formés pour festoyer sur la plage, normalement
interdite aux agapes.
Si la baie s’est « encanaillée » la nuit dernière ; nous voilà devant
un autre spectacle plus sage, celui de « festivaliers » transportant
transats, parasols et panier-repas.
Panier en osier côté bobo, sac plastique à l’autre bout de la baie
On croise des couples avec enfants, des avides de la vague, des fans de
vieux gréements à jumelles, des égarés du jogging du matin, des qui
jouent le dress code (venir en bleu et blanc) avec ou sans chapeau de
paille. D’autres qui lézardent, serveuses à l’Hermitage qui essayent
d’en « profiter un peu » avant de prendre leur service.
Il y a aussi les habitués qui descendent des immeubles vaille que
vaille, traversent le remblai et qui se baignent tous les jours, des
dandys « Rayban » qui paradent, quelques fêtards de la nuit, le cheveu
en bataille et la gueule de travers, la jolie blonde au portable et le
vieux beau au cigare.
La plage de la baie s’emplit. On fait la queue à la distribution de
nappes, certains viennent se servir et repartent, le cadeau roulé sous
le bras, mine de rien, chez eux.
Au niveau du casino, on festoie au canapé saumon, on s’installe sous
parasol ; plus loin, on lit, solitaire, le Figaro magazine un sandwich
club entre les dents. Ailleurs, entre les clubs de plage, quelques
baguettes entre-aperçues, il ne manque même pas les cornichons et les
chips.
La foule s’assoie sur l’immense table sableuse, plus l’on se rapproche
du port de Pornichet, plus elle s’étiole, encore quelques nappes de-ci,
de-là.
Un nouveau tour de piste, 20 minutes pour refaire les sept km, puis descendre voir d’un peu plus près.
Réactions, sentiments
Content : « Trop génial de manger sur la plage, on se demande pourquoi c’est interdit le reste du temps ».
In : « Nous voulons faire partie de cet événement qui est un réel plus pour l’image de la station ».
Égaré : « On est là par hasard et on se demandait pourquoi les gens avaient l’air content ».
Fataliste : « Ma femme a oublié la crème solaire du bébé,
elle revient, c’est elle qui voulait venir ici, moi, je préfère les
petites criques ».
En manque : « Vous n’auriez pas une cigarette ? »
Joyeux : « Regardez la mer, les bateaux ! Trop top ! ».
Bof : « Ici, ou ailleurs, pourvu qu’il fasse beau, on profite avant tout du soleil ».

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